Montage, démontage et recyclage

Les éoliennes utilisées en Suisse sont principalement fabriquées en Europe et transportées par bateau sur le Rhin jusqu’à Bâle puis convoi spécial jusque sur le site du parc éolien. Le transport implique une planification complexe en coordination avec les autorités cantonales, la police et les entreprises de transport. Il se fait également en concertation avec les communes et les propriétaires fonciers des parcelles et accès. Dans certains cas, le transport routier nécessite l’élargissement temporaire de certains chemins d’accès avec des tôles d’aluminium pour protéger le sol précieux.

Si un déboisement en forêt est nécessaire pour la mise en place du chantier, le développeur doit solliciter une autorisation de défrichement, soumise à des conditions strictes et demandant toujours la mise en place de compensations en premier lieu dans la région.

Durant les travaux de construction du parc, un suivi environnemental du chantier est assuré par une entreprise externe. L’objectif est de minimiser l’impact des travaux sur le site, en réutilisant par exemple les matériaux d’excavation rocheux pour la place de montage et les accès.

Le montage de l’éolienne, effectuée à l’aide d’une grue, prend environ une semaine. Ensuite, une couche de terre arable est répandue pour restituer le site à son usage (forestier ou agricole). Une surface minimale résistante est conservée sur les routes en cas de réparation des machines.

Des évolutions technologiques permettent de limiter la surface au sol :

A la fin de sa durée d’exploitation, une éolienne peut être démontée sans dommages pour le terrain. Son démantèlement et son évacuation prennent à peine une semaine et ses matériaux de construction, c’est-à-dire l’acier, le cuivre, l’aluminium, le béton, les lubrifiants et diverses fibres, sont en grande partie recyclables. Environ 80 à 90% des matériaux peuvent être réintégrés dans le circuit.

Une difficulté réside dans les pales du rotor, qui sont faites de matériaux composites thermodurcissables : plastiques renforcés de fibres de verre (PRV) et/ou de carbone (PRFC). La mise en décharge n’est pas une solution : elle est interdite par plusieurs pays car elle n’est pas durable. La solution la plus simple consiste à co-traiter ces matériaux dans des entreprises spécialisées, comme les cimenteries. Les pales usagées, après avoir été broyées, sont utilisées comme combustibles à la place de matériaux fossiles, notamment du charbon importé car la Suisse manque de matières incinérables. Les cendres servent ensuite de matière première dans la fabrication du ciment.

Outre la revalorisation thermique, il existe de nombreux projets qui traitent du recyclage des pales usagées. Par exemple, plusieurs start-ups danoises construisent des murs antibruit à partir des composites en fibre de verre d’anciennes pales. Des projets européens ont également démontré le recyclage de pales d’éoliennes et autres PRV/PRFC en des matériaux de construction thermoplastiques, recyclables plusieurs fois. Enfin, une solution créative consiste à utiliser les pales comme mobilier urbain : abribus, places de jeu et bancs publics, qui sont autant d’exemples d’« upcycling ».